Thérianthropia Livre I: La Boîte. Auteure J.L. Treuveur

Thérianthropia : Fantasy Autobiographique

Que les choses soient claires dès le départ: Thérianthropia nous plonge dans le registre de la fantasy. Une fois l’axiome posé il est inutile de faire débat plus longtemps sur ce que renferme ou non le tome 1 qui constitue le visa d’entrée dans la saga Thérianthropia.

Mais attention ! Vous autres, allergiques à cette forme de fiction ne partez pas tout de suite! S’il s’agit de fantasy, l’auteur J.L. Treuveur a trouvé sa marque et nous livre au travers ce premier opus une fantasy hybride et ça change tout.

© Arcadiem : Loriane Viriot

Car la libéralisation de l’auto-édition aidant, et ce n’est pas péjoratif, le genre s’est tellement installé que de nombreuses plumes y trempent allègrement leurs instruments d’écriture. Il est par conséquent devenu très difficile de trouver quelque chose à se mettre sous les yeux, qui ne soit pas le énième triangle amoureux de donjon, dragon, aventuriers…

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Toutefois quelques ouvrages sortent un peu de cet ordinaire, mais avec Thérianthropia on change carrément de figure, on sort allègrement du cadre et on entre merveilleusement dans le genre Fantasy que je qualifierais d’autobiographique. La similitude de prénom entre l’héroïne Jessie et l’auteur Jessica a tôt fait de dissiper le moindre doute pour les plus dubitatifs des lecteurs.

Dès les premières pages on sent bien que l’auteure n’a pas puisé dans l’encrier commun, celui de la facilité et de l’abondance. Jessica a préféré planter sa plume dans l’encre de ses veines et cela se ressent dans chacun des mots judicieusement choisis. Je reviendrai là-dessus.

« J’étais au bord du gouffre »

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Dès les premiers mots, donc le ton est donné. Dès les premières pages il est tellement devenu évident et tellement précis qu’il nous renvoie sans ambages à notre propre histoire. C’est aussi le tour de force de cette auteure que de nous impliquer dans son ouvrage de façon naturelle, avec un vocabulaire à la fois simple et riche. Et de réaliser soudain dès l’arrivée des premiers personnages qu’ils pourraient fort bien être ceux de notre proche entourage, voisin ou familial.

Et des personnages il va y en avoir. Chacun d’entre eux a son importance, humain ou thériantrope, démon ou être de lumière. Mais pas de panique, ils sont toujours bien amenés et avec suffisamment de présence pour qu’on ait pas besoin d’organiser des retours en arrière.

Des personnages proches de nous

En fin d’ouvrage la petite phrase sur les ressemblances fortuites que l’on rencontre désormais un peu partout trouve un écho particulier pour quiconque aura pénétré dans Thérianthropia.

« Ceci est une œuvre imaginaire. Toutes ressemblances physiques ou morales avec des personnes existantes serait, bien sûr, totalement fortuite ! »

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Un message a posteriori qui trouve une résonance particulière lorsque l’on a terminé la dernière page. Et de me surprendre alors à remonter le fil de ma mémoire pour tenter de retrouver dans chaque protagoniste tel ou tel individu dont le chemin a croisé le mien. Ne souriez pas, vous trouverez les vôtres assurément !

Mais Jessica ne s’est pas arrêtée là, cela aurait été bien trop facile. En plus de leur donner une existence propre, elle leur a aussi donné une âme. Et quel que soit le personnage, bon ou mauvais, on s’attache à lui en bien ou en mal, ce qui ne peut que lui donner plus de force et davantage de vie.

Et de jubiler ou de s’affliger devant ce qui peut arriver aux différents protagonistes de Thérianthropia. Mais pour autant, si la mort intervient pour les uns ou pour les autres, elle toujours amené avec une certaine pudeur face au décès. Même la plus sombre, même la plus sordide des fins est amenée avec une maturité et un respect face à la disparition de l’être aimé ou haï.

« Jessie Wood est un être de lumière, une dryade née et vivant sur l’île Caelestia, île de la terre. Elle est l’Elue. Descendante des Gardiennes de la forêt et du Havre en particulier, elle a pour mission de protéger Thérianthropia, sa terre secrète. Mais Jessie est aussi une dryade sensible et rebelle qui a décidé de suivre sa propre quête sentimentale et qui, malgré son pouvoir de clairvoyance, n’a rien trouvé de mieux que de tomber amoureuse d’un démon… Cette histoire d’amour ne finit pas bien. Et c’est ainsi que tout commence sur le long chemin de la justice et de la vérité. »

Un monde pensé et vivant

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Tout ce que l’on trouve dans Thérianthropia n’est pas là par hasard. La richesse en nombre et en qualité des personnages, la variété des lieux, tout ce que nous rencontrons dans l’histoire implique, et cela se ressent, que le monde ne s’est pas construit au fur et à mesure que l’on avance dans le livre. Il était là bien avant le premier homme ou premier thérianthrope. Il s’est construit, enrichi et s’est ouvert à ce récit qui vient s’intégrer dans un intervalle de temps défini dans son évolution.

C’est ainsi que même restreint dans ce premier tome Livre I: La Boîte, il nous ouvre des perspectives réjouissantes pour les quatre tomes qui suivent. Le cinquième et dernier est en cours d’écriture. Ce qui implique pour l’auteure de relire les précédents, preuve s’il en faut de son professionnalisme en matière d’écriture et de respect pour ses fans.

De la recherche en amont

Je parlais des mots judicieusement choisis en début de qui me parait déjà comme un pavé en devenir ; et j’avoue avoir eu recours à un dictionnaire en deux ou trois occasions. Pour apprendre ou vérifier un sens qui me perturbait ou pour vérifier l’emploi à juste titre d’une pierre ou d’une couleur.

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N’allez pas vous mettre en tête que l’écriture est difficile, non, bien au contraire. Elle est fluide et empreinte d’une exactitude qui fait défaut à beaucoup d’auteur. Cela se voit particulièrement non pas dans les mots que vous pourrez avoir à chercher, mais surtout dans l’emploi de sentiment pendant les dialogues.
C’est ainsi que les personnages ne se contentent pas de dire, répondre, crier, ils argumentent leurs paroles par des insinuer, expliquer, grimacer, se radoucir, terminer. C’est tout un vocabulaire de répliques riches et bien pensées qui va nourrir les dialogues des différents protagonistes. Une richesse qui apporte beaucoup de réalisme, beaucoup de vie et participe à l’humanisation des personnages de la fiction.

La recherche de vocabulaire n’est pas la seule à se matérialiser dans le récit. Tout au long de l’ouvrage Jessica ne s’est pas bornée à employer telle ou telle pierre, telle ou telle plante, telle ou telle couleur. N’importe quel profane pourrait être amené à utiliser le beau d’un objet, d’un minéral, d’un végétal selon sa préférence, pour l’utiliser à sa convenance et par la même occasion décrédibiliser et desservir l’histoire, mais ce n’est pas le cas ici.

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Lorsque l’auteure place une pierre dans les mains d’un personnage pour une fonction précise elle l’a choisi en fonction de ses propriétés naturelles ou mystiques. Il en va de même pour les plantes et leurs réelles utilités en phytothérapie.

Dans un registre plus éthéré pour certains, il en sera de même concernant les couleurs des auras avec par contre une simplification qui aurait peut-être mérité un développement un peu plus précis tant les couleurs des auras peuvent changer de signification en fonction des nuances de tons et des mélanges entres elles

D’un autre côté est-ce que cela aurait servi ou desservi le récit ? A la réflexion, le sujet des auras est tellement pointu que la simplification a été le bon choix. Et puis comme pour le reste, Jessica a su traiter et donner l’explication sans tomber dans le piège de la condescendance et avec suffisamment de crédit pour que chaque lecteur au final y trouve son compte.

Thérianthropia : une histoire qui se lit comme elle est écrite

Autre élément important qui assure une certaine force au récit, l’enchaînement des chapitres et des scènes. J’ai pour habitude de dire lors d’ateliers que les règles sont là pour être lues et mises de côté.

© Arcadiem : Loriane Viriot

A trop vouloir les suivre il en ressort un formatage qui sonne un peu trop commercialement dans ma tête. Si les règles sont un cap, elles n’empêchent pas de louvoyer afin de donner un style, mieux, une âme à l’écriture.

Jessica est de cette trempe d’artistes de l’écriture capables de livrer un texte sans retour en arrière pour ajouter une scène et s’en sortir par une pirouette.

A un moment donné il m’aura fallu relire un passage et revenir en arrière pour vérifier une incompréhension qui s’est avérée être davantage une fausse appréciation de ma part qu’une véritable erreur de l’auteure.

Et de constater que Jessica est de celle qui apprécie les retours constructifs et n’hésite pas à en parler voire corriger une édition.

Quant à l’histoire en elle-même, elle trouve tout naturellement une place particulière.  Et comme je l’ai précisé en introduction, Jessica verse avec ce premier tome dans la Fantasy Autobiographique avec un hommage appuyé à son grand-père Maurice Liesta qui doit être fier d’où il est de voir cette réussite littéraire.

© Arcadiem : Loriane Viriot

Une histoire donc qui va nous en apprendre sur l’auteure, mais également sur nous-même tout en nous faisant baigner dans une intrigue originale et commune à la fois. On y trouve tous les ingrédients d’une bonne histoire: information, action, réaction, humour, drame, émerveillement, amour, haine, amitié, vengeance, passion…

Thérianthropia, source d’équilibre de l’île Caelestia sous la surveillance des dryades, assure aux êtres de lumière une vie paisible dans leur Havre. Mais lorsque l’Elue disparaît, que sa Boîte sacrée est volée, et que la terre protégée est soudainement rongée de l’intérieur par un mal étrange, tout laisse penser que les âmes noires sont à l’œuvre pour tenter de gouverner.

Obstacle après obstacle, les amis de l’Elue s’unissent pour la retrouver, car elle seule et sa Boîte peuvent sauver Thérianthropia

Mais l’Elue est perdue et doit se trouver elle-même sur le chemin difficile des âmes blessées qui réalisent que l’amour ne triomphe pas toujours…

La guerre intérieur à commencé…

Et le temps est compté…

Vous l’aurez compris, Thérianthropia Livre I : La Boîte, fait parti des lives à ajouter sur sa pile à lire, mais pas en dessous et pas longtemps. C’est entre vos mains que le livre à sa place. D’autant plus que si vous accrochez comme moi, il y en aura 5 à lire lorsque le dernier sera disponible. Et surement tout autant de chroniques.

Vous êtes encore là ?

Alors ne perdez pas de temps ! Vous en avez déjà assez perdu à me lire au lieu de vous plonger corps et âme dans la saga !

A noter qu’il existe un mini livre dédié aux enfants : Thérianthropia Ma mini aventure Livre I : L’Élue.

© Sandra Charlet

Des liens pour ne pas trop s’éloigner de l’auteure

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